Cherchez des conseils sur les conversations de rencontre et vous trouverez mille listes de questions à poser. Presque rien sur la façon d'y répondre. C'est étrange, car chaque échange se fait à deux, et la réponse est la moitié qui décide si la question valait la peine d'être posée.
Poser des questions, c'est la moitié bien étudiée
Sur les questions, les données sont solides. Huang, Yeomans, Brooks, Minson et Gino ont montré, à travers plusieurs études publiées dans le Journal of Personality and Social Psychology, que les personnes qui posent plus de questions sont mieux appréciées — et dans une expérience de speed dating portant sur 110 personnes et couvrant 1 961 décisions de second rendez-vous, poser davantage de questions de relance prédisait d'être réinvité.
Ce résultat a voyagé. C'est pour cela que tous les guides de profil vous disent aujourd'hui de finir par une question. Mais il décrit ce que fait celui qui pose. La personne en face doit encore répondre quelque chose, et ce côté-là a été mesuré lui aussi.
De quoi une bonne réponse est faite
Le modèle de Reis et Shaver sur la façon dont l'intimité se construit nomme trois choses qu'une réponse doit porter. Pas le charme, pas l'esprit — celles-ci :
- La compréhension — vous avez saisi ce que la personne voulait vraiment dire, pas la surface
- La validation — ce qu'elle a dit méritait d'être dit, et vous le traitez comme tel
- La sollicitude — c'est elle qui vous intéresse, pas seulement votre tour de parole
Laurenceau, Barrett et Pietromonaco ont mis ce modèle à l'épreuve dans le Journal of Personality and Social Psychology, à l'aide de carnets que les participants remplissaient juste après leurs conversations, sur une et sur deux semaines. Se livrer et recevoir une réponse prédisaient l'un comme l'autre à quel point un échange paraissait intime — mais la manière dont on répondait expliquait en partie le lien entre l'ouverture de l'autre et le sentiment de proximité dans la conversation. Quelqu'un vous dit quelque chose de vrai ; que cela devienne de l'intimité dépend de ce qui revient.
C'est pourquoi le conseil habituel échoue
« Donnez une réponse détaillée » n'est pas la bonne consigne. La longueur n'est pas de la compréhension. Le réflexe qui consiste à répondre puis à renvoyer aussitôt la même question ne l'est pas davantage — cela se lit comme un tour joué, pas comme une personne rencontrée.
- Répondez à la question posée, pas à celle, plus facile, qui se trouve juste à côté.
- Dites la chose précise. « J'aime voyager » ne dit rien ; le bus que vous avez raté dans une ville dont vous ne savez pas prononcer le nom en dit beaucoup.
- Montrez votre raisonnement. Une préférence avec une raison accrochée, c'est quelque chose à quoi on peut répondre. Une préférence seule est une information à classer.
- Puis tendez quelque chose en retour — mais faites-le sortir de ce qui vient d'être dit, pas d'une liste.
Le dernier point fait la différence entre une conversation et deux monologues qui alternent. Une relance construite à partir de la dernière réponse prouve que vous étiez là. Une question neuve venue de nulle part prouve seulement que vous savez que les questions, c'est bien.
Répondre quand il n'y a presque rien
Au début, vous n'avez souvent presque rien : quelques photos, une ligne de texte, une question écrite pour n'importe qui. Le geste honnête est de répondre quand même en étant vous-même. Une réponse un peu bizarre et précise donne à l'autre quelque chose à quoi se raccrocher. Une réponse prudente ne lui donne rien à quoi se raccrocher, ce qui laisse le message suivant sans point de départ.
Il vaut aussi la peine de le dire clairement : une réponse que vous n'avez pas écrite ne peut rien faire de tout cela. Quelle que soit l'aisance qu'elle emprunte, elle ne peut pas porter la compréhension d'une personne qu'elle n'a jamais rencontrée, et l'écart apparaît dès l'instant où la conversation demande un deuxième tour.
La version plus étroite
Sur Qulo, répondre se fait en choix multiple, ce qui y désigne donc quelque chose de plus précis : lire ce qu'une personne inconnue a écrit sur elle-même d'assez près pour deviner l'option qu'elle a cochée. Chacun écrit de 2 à 4 questions avec l'offre gratuite, jusqu'à 10 avec un abonnement payant, quatre options chacune, et c'est en les trouvant toutes justes que l'on ouvre la conversation.
Ce n'est pas la même compétence qu'écrire une réponse chaleureuse, et il serait ridicule de prétendre le contraire. Ce que les deux ont en commun, c'est justement la partie qui compte : toutes deux exigent de lire l'autre avant de produire quoi que ce soit. Le quiz rend simplement cette lecture inévitable au lieu de facultative.
Une bonne question est une invitation. Ce qui en sortira, c'est la réponse qui le décide.